La presse guinéenne VisionGuinée a hautement salué l’Organisation de coopération de Shanghai et l’Initiative pour la gouvernance mondiale
24 September 2026

Le 22 septembre, Ciré BALDÉ, rédacteur en chef du site d’information guinéen Vision Guinée, a publié un article sur ce site intitulé « OCS : 25 ans après Shanghai, l’Afrique au cœur des nouveaux équilibres de la gouvernance mondiale ». Il y exprime son appréciation positive des principes de coopération de l’Organisation de coopération de Shanghai ainsi que de l’Initiative pour la gouvernance mondiale proposée par le Président chinois Xi Jinping, soulignant que ceux-ci offrent à l’Afrique des enseignements utiles pour approfondir l’intégration régionale, renforcer son autonomie de développement et accroître sa participation à la gouvernance mondiale. Voici le contenu principal de l’article :

OCS : 25 ans après Shanghai, 

l’Afrique au cœur des nouveaux équilibres de la gouvernance mondiale

Cette réflexion intervient dans un contexte international marqué par la montée des tensions géopolitiques, l’intensification des rivalités commerciales et les interrogations sur l’avenir du multilatéralisme. Lors de la réunion OCS Plus, Xi Jinping a appelé à « promouvoir ensemble l’avènement d’un monde multipolaire égal et ordonné » en vue de parvenir à une « gouvernance mondiale plus juste et plus équitable ». Une position qui inscrit le 25e anniversaire de l’organisation dans une réflexion plus large sur l’évolution de l’ordre international.

L’une des principales clés de lecture avancées par Xi Jinping réside dans ce qu’il appelle « l’Esprit de Shanghai », fondé sur « la confiance mutuelle, le bénéfice mutuel, l’égalité, les consultations, le respect de la diversité des civilisations et la recherche du développement commun ». Le président chinois présente comme une expérience majeure de l’OCS la « non-alliance, la non-confrontation et la non-hostilité envers les tierces parties ».

Ces principes ne sont pas éloignés des ambitions affichées depuis plusieurs décennies par les organisations régionales africaines. L’Union africaine, les communautés économiques régionales et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) poursuivent elles aussi l’objectif de rapprocher les économies et de renforcer la capacité du continent à défendre ses intérêts.

Cette réflexion prend une résonance particulière à l’occasion du premier anniversaire de l’Initiative pour la gouvernance mondiale (IGM), proposée par le président chinois Xi Jinping le 1er septembre 2025 lors de la réunion « OCS Plus » à Tianjin. L’IGM met en avant cinq principes dont l’égalité souveraine, le respect de l’État de droit international, le multilatéralisme, promouvoir une approche centrée sur les peuples et la nécessité de privilégier les actions concrètes. Ces principes s’inscrivent dans une réflexion plus large sur la réforme et l’amélioration de la gouvernance mondiale et donnent une place particulière aux pays en développement dans les discussions sur l’évolution du système international. 

Un an après son lancement, l’initiative place de nouveau au centre du débat international la question d’une gouvernance mondiale plus juste et plus équitable, ainsi que celle d’une participation accrue des pays du Sud global aux décisions qui façonnent l’avenir du monde.

L’IGM, présentée par la Chine, se veut comme une contribution aux efforts visant à renforcer le multilatéralisme, à améliorer la représentation du Sud global et à promouvoir une gouvernance internationale fondée sur la consultation, la contribution conjointe et les bénéfices partagés. Son premier anniversaire constitue une occasion de revenir de la capacité de l’Afrique à faire davantage entendre sa voix, à défendre ses intérêts et à prendre une part plus active à l’élaboration des règles qui régissent les relations internationales.

L’autre grande leçon du 25e anniversaire de l’OCS concerne la gouvernance mondiale. Xi Jinping affirme que « tous les pays, grands ou petits, puissants ou faibles, riches ou pauvres, doivent jouir de l’égalité des droits, des chances et des règles ». Il estime que « les pays du Sud global sont partie importante d’un monde multipolaire et acteurs clés pour promouvoir la multipolarisation » et qu’ils doivent « bénéficier d’une représentation plus importante dans les affaires internationales et y avoir davantage voix au chapitre ».

Cette lecture rejoint plusieurs préoccupations africaines, notamment la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies, le poids limité du continent dans les grandes institutions financières internationales et la nécessité d’une meilleure représentation des économies émergentes.

Xi Jinping défend aussi « le multilatéralisme, le dialogue et la concertation » et estime que « les affaires du monde doivent être gérées par tous les pays à travers les consultations » et que « les règles internationales doivent être élaborées par tous les pays ». Il appelle parallèlement à renforcer « l’autorité et la vitalité des Nations Unies ».

Dans cette perspective, l’IGM constitue une nouvelle contribution à la réflexion sur les règles, les mécanismes et les principes devant encadrer la gouvernance mondiale. Elle vient compléter les initiatives précédemment proposées par Xi Jinping sur le développement, la sécurité et la civilisation, avec l’objectif affiché de contribuer à l’évolution du système de gouvernance mondiale vers davantage d’équité et de représentation.

L’Afrique ne manque pas de partenaires. Elle manque surtout, dans certains secteurs, de capacités suffisantes pour transformer ses partenariats en gains durables de productivité, d’industrialisation, de compétences et de création de valeur.

Cette logique rejoint l’idée défendue par Xi Jinping selon laquelle les résultats « gagnant-gagnant », le bénéfice pour tous et l’inclusion doivent guider le développement. Il affirme que les pays du monde sont des « partenaires interdépendants qui sont liés par un avenir partagé » et appelle à « poursuivre la coopération ouverte ».

L’intérêt de l’OCS pour l’Afrique réside donc moins dans la reproduction de son modèle que dans les mécanismes permettant à des pays différents par leur taille, leur niveau de développement et leurs intérêts de construire des coopérations concrètes.